• christopheruaults

Hanouna, jusqu'à la nausée


Depuis le temps, s'il y a une chose que l'on devrait avoir apprise avec Cyril Hanouna, c'est que l'indécence n'a pas de limites. Mais, tout de même, on pensait qu'il ne pourrait pas faire pire qu'humilier un chroniqueur en lui mettant des nouilles dans le slip ou des hommes gays en les piégeant au téléphone (ce qui a valu à la chaîne une amende de 3 millions d'euros). On se disait qu'il avait touché le fond avec ses propos sur Charlie Hebdo, accusant le journal d'avoir « mis de l'huile sur le feu » avec les caricatures de Mahomet, ou la jeune Mila, traînée dans la boue pour avoir tenu des propos insultants envers l'islam (on en pense ce qu'on en veut, ce n'est pas le sujet). « C'est vrai que c'est le droit au blasphème, mais...», ce fameux "mais" qui revient à cracher sur les tombes de Cabu, Wolinski et des autres, et à cautionner les menaces de mort envers une jeune fille de 16 ans. On croyait que plus rien ne pourrait nous choquer de la part du présentateur vedette de C8. On se trompait.


Mercredi 19 octobre, les danseuses de samba étaient de sortie sur le plateau de TPMP. On fêtait comme il se doit le record d'audience de la veille, plus de 2 millions de téléspectateurs et 9,2% de parts de marché. Tous les patrons de la chaîne étaient même descendus de leurs bureaux, en manteaux de fourrure, pour se joindre à la fête et danser sous les rires du public. Mais au fait, de quoi était-il question la veille dans la dernière partie de TPMP ? De l'assassinat de la petite Lola. Oui, vous avez bien lu, on débattait d'un fait divers effroyable. Que personne dans cette joyeuse bande de fêtards ne se soit rendu compte de l'obscénité de la séquence laisse pantois. Une chose est sûre, ces gens-là sont marqués à jamais du sceau de la honte. Le lendemain, Hanouna, toujours prêt à rendre les coups, s'en prenait à tous ceux que la fiesta avait révulsés : « Tous les abrutis sur les réseaux sociaux qui commencent à se mettre sur notre tête. Tous les jaloux, tous les rageux. » Circulez, y'a rien à voir. D'ailleurs, il ne faudrait pas en conclure que la décence et la dignité sont des notions étrangères à Cyril Hanouna. La preuve, mercredi, sur son plateau, il a tenu à préciser que ses patrons noceurs portaient de la « fausse fourrure ». Quand même, faudrait pas exagérer.

Ch.R.