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  • christopheruaults

Le mépris en 3 épisodes


Se seraient-ils passé le mot ?


« Quand je vois qu'on manifeste contre la réforme des retraites et que les gens pleurnichent parce qu'ils vont bosser deux ans de plus, ça me désespère un peu (…) Le travail c'est la vie ! Le travail c'est l'émancipation, c'est la relation aux autres, la créativité, c'est formidable (…) Je suis ravi de travailler, de faire ce que j'aime. Il n'y a rien de tel que de travailler », dit le journaliste vedette Bernard de La Villardière à tous ceux qui ne sont pas fichus d’aimer ce qu'ils font. Prenez les éboueurs, incapables de voir la dimension émancipatrice et créative de leur métier.


Acte II


« Je suis sûr qu'on ferait une interrogation écrite des manifestants, on aurait un niveau extrêmement faible de la maîtrise de l'article 49.3 », déclare le politologue Pascal Perrineau à tous ceux qui défilent en ayant l’outrecuidance de penser qu’il n’y a pas besoin d’être constitutionnaliste pour comprendre le 49.3.


Vous reprendrez bien un peu de morgue ?


Sur RTL, l'éditorialiste Alba Ventura n'a pas retenu ses coups contre le jeune responsable fédéral de La Voix lycéenne à Paris, Manès Nadel, 15 ans, en pointe de la mobilisation contre la réforme des retraites et très sollicité par les médias : « Syndicaliste en culotte courte (...) Che Guevara de la cour de récré qui vient donner des leçons (...) Insupportable ». Rouges, les boulets.


Le journaliste Laurent Bazin, compagnon d'Alba Ventura à la ville, en a rajouté une couche sur Twitter : « Il parle comme un vieux cégétiste, n'a aucune légitimité. »


Certes, la parole du jeune Manès peut sembler formatée et prêter à sourire. Bien sûr, on sait pourquoi les chaînes info se l'arrachent - un ado qui vitupère contre la réforme des retraites, ça fait le spectacle. Mais en quoi Alba Ventura serait elle plus légitime que lui pour s'exprimer sur le sujet ? Parce qu'elle est éditorialiste politique sur une grande radio ? On attend qu'elle nous dise selon quels critères on a le droit de parler ou non. « Heureusement qu'il ne m'a pas eue comme mère » a-t-elle cru bon d'ajouter. Elle l'aurait probablement préféré le nez collé sur Tik-Tok plutôt que s'engageant avec ferveur - et maladresse peut-être, mais il n'a que 15 ans - dans la vie de la cité. On connaissait le paternalisme, merci à Alba Ventura de nous rappeler que le maternalisme n'a rien à lui envier.


À regarder les gens d'aussi haut, est-ce qu'ils arrivent encore à les voir ?


Ch.R.

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